21 juin 2009
FIN...
FIN...il le faut bien un jour ou l'autre...j'arrête...une page se tourne, une autre histoire à écrire...
15 juin 2009
c'est par où la sortie?...
...enfin...une porte s'ouvre...25 septembre-25 juin...9 mois...il faut 9 mois pour donner la vie...je m'attache sans doute trop aux symbôles...mais quand même j'ai envie d'y voir un signe...
une porte s'ouvre sur une nouvelle vie...entre peur et réjouissement, j'hésite...peut-être y-a-t-il un peu des deux...j'ai hâte de sortir, c'est une nouveauté...le concon hospitalier qui me sécurisait tant devient étouffant, oppressant...la vie à l'extérieur finit par m'apparaître moins terrible...les choses ont bien changé...quand je me retourne sur les mois passés, je ne peux que constater mes avancées...et étrangement, cette-fois j'y adhére, j'en suis même presque fiére...j'abats mes angoisses une à une...je sais ce qui me fait du mal, je n'ai plus envie ni besoin d'y retourner...c'est certain je risque de me prendre des claques dehors mais ce sont elles aussi qui me donneront l'impulsion nécessaire pour encore et toujours avancer...
en saturation extrême du milieu hospitalier je me réjouis de cette pensée, àpeine arrivée je n'avais qu'une peur sortir...aujoursd'hui je n'ai qu'une envie sortir...de la peur je suis passée à l'envie, si ce n'est pas un miracle, ça y ressemble bien...jamais je ne pensais avoir cette envie-là, jamais je pensais être capable de vivre à l'extérieur...alors même si je n'y suis pas encore j'en ai l'envie...j'ai enfin trouvé la porte de sortie, l'issue de secours, je me suis secourue, je me suis sauvée...je me sauve mais je ne m'enfuis pas...je pars d'un pas encore un peu fragile mais je pars volontairement, volontaire...je veux réussir ma sortie à défaut d'aoir réussi mon entrée...il y a eu un faux-départ, il y a eu des faux pas mais ça valait la peine...j'ai suffisamment poayé le prix maintenant, je peux m'offrir la liberté...maffranchir de l'alimentaire, passer à l'élémentaire, passer à la vie...
je ne veux pas avoir à ressmbler à ce que j'ai pu entrevoir, c'est bien triste de sombrer, de vieillir anorexique...il n'y a vraiment plus à rien à gagner, il était que je me réveille...j'aurais peut être dû le faire plus tôt, mais je ne pouvais peut-être pas car s'il faut 9 mois pour donner la vie, il en faut bien plus pour construire une identité, une humanité...
il est temps, il est vraiment temps de prendre mon envol, j'ai toutes les clés en main, il ne me reste plus qu'à ouvrir la bonne porte et puis vivre un peu beaucoup sans modération pleinement...et rattraper le temps, prendre le temps de vivre, de vivre pleinement...
j'ai envie d'y parvenir, j'ai envie de vivre...je vais y parvenir...je vais bien y parvenir...
08 juin 2009
tourner la page, enfin, si seulement...
Et puis tourner la page…
Face aux ravages du passé, il me faudrait pouvoir tourner la page. Passer à autre chose. Tourner une page, changer le cours des choses. Mais je reste tiraillée par la peur. Tous ces mois passés à lutter, tenir dans l’espoir que les tensions et conflits s’apaisent et puis soudain un pour quoi apparaît fatalement. Et avec lui, l’envie de tout envoyer valser. Tu ne vas pas réduire à néant tous ces efforts, si prés du but. Pas facile de se convaincre, que la fatalité n’est pas toujours fatale, que les choses ne sont pas inscrites et se répètent inlassablement car moi, je me lasse de leur répétition, il faut toujours lutter, toujours rester vigilante. Et puis soudain un pour quoi vient balayer toutes mes convictions…
Seule face à moi-même mais comment ai-je pu en arriver là ? Et surtout comment tourner la page, le passé ne changera pas, je ne changerai ni les gens ni les événements mais j’aimerais que ma vie change…Beaucoup de monde autour de moi et pourtant j’éprouve un sentiment de solitude si fort, si aliénant. Seule face à moi-même, j’ai peur de me perdre et de repartir là où je me suis toujours réfugiée : dans le vide, seul réconfort face aux agressions extérieures. Cette fois devrait être la dernière, si seulement mon corps me laissait un peu en paix, si seulement mon corps se taisait un peu.
La sortie approche et pourtant je ne me suis jamais sentie aussi fragile : j’aimerais parvenir à tourner cette page mais je reste tiraillée par la peur que la suivante reste blanche. Tourner la page sur les ravages des principes et des idées maternelles. Et si seulement, je pouvais déchirer cette page comme si ça n’était qu’un brouillon mais voilà, la réalité est là.
Et dire que j’ai mis plus de 30ans avant de me rendre compte que ce que je vivais n’était pas vivable. Pendant toutes ces années, je me suis laissée faire, je l’ai laissée faire. Aujourd’hui, la petite fille que je n’ai jamais su protéger hurle en moi en silence martèle ce corps dans lequel elle n’a pas pu grandir. Cette petite fille que je retrouve sur les photos, un regard qui m’interpelle. Cette petite fille que j’ai continué à maltraiter me persécute aujourd’hui. "Elle" n’avait pas le droit mais je n’avais pas plus le droit. Et pourtant je n’ai fait que perpétrer silencieusement, insidieusement ses idées et ses principes. Aujourd’hui j’aimerais me rebeller, expulser la colère qui tape si fort à l’intérieur de moi-même que tout mon corps en souffre mais j’ai le sentiment que c’est trop tard, la tempête est passée, le calme n’est pas revenu, il ne reviendra pas. Et pourtant je m’efforce de croire qu’un jour, je vivrai en paix avec moi-même, avec cette petite fille qui me pardonnera de ne pas avoir su la préserver. "Elle" a toujours voulu me faire croire que j’avais choisi de vivre cette vie ici et maintenant dans cette famille-là avec cette mère-là et que puisque je l’avais choisi, je n’avais pas à me plaindre. "Elle" ne s’est jamais interrogée sur elle-même, elle a toujours pensé bien faire. "Elle, elle" n’a pas choisi cette fille-là. Face à mon renfermement, face à mon silence, elle n’a jamais voulu voir autre chose que sa souffrance infantile. Et "elle, elle" n’a pas choisi de vivre cette vie-là, ici et maintenant dans cette famille-là avec cette mère et cette fille-là… Non, "elle, elle" était victime, elle ne pouvait se défendre face à une mère tyrannique. "Elle, elle" a voulu faire autrement pour "elle" pas pour moi. Tantôt enfant réparateur, tantôt enfant révélateur d’une enfance maternelle malheureuse, je me demande si un jour, j’ai pu être autre chose qu’une marionnette entre ses mains. Et dire que j’étais tout pour "elle" mais si peu pour moi. Aujourd’hui, je réalise que je me suis laissée faire sans réagir, j’aurais quand même pu m’en rendre compte plus tôt. Il me semble tellement décalé de n’en prendre conscience qu’aujourd’hui si soudainement après plus de 30 ans de bons et loyaux services. Pour autant, ce n’est pas à "elle" que j’aimerais pardonner mais à moi-même. "Elle, elle" ne changera pas, elle sera toujours aussi destructrice dans mon esprit si je ne parviens pas à mettre une distance affective suffisamment importante pour ne plus me laisser atteindre alors même qu’elle n’est pas présente physiquement. "Elle" m’a pourri la vie avec ses idées loufoques, ses principes délirants, ses idées farfelues. Il faut que je tourne cette page. La petite fille que j’étais a droit à autre chose même si rien ne sera jamais plus pareil même si la petite fille semble inconsolable, il faut que j’essaie de rattraper un peu du temps perdu, lui construire une existence et une identité propres, lui rendre un peu bonheur, la nourrir de joie de vivre.
L’anorexie n’a fait que prendre le relais d’une relation maternelle destructrice tout en me donnant l’illusion d’y trouver une échappatoire. Mais voilà, je ne vais pas reproduire le même schéma qu’ "elle" en ne voulant pas voir l’état dans lequel m’a mise l’anorexie. C’est sans doute à moi-même que je devrais pardonner d’avoir maltraiter ce corps, de l’avoir pris pour cible, médiateur du malaise, du mal-être, de la détresse, de la tristesse de toute une enfance. Il n’y est pour rien, lui. Il se venge pourtant en exprimant aujourd’hui toutes les douleurs et souffrances qu’il a subies et que j’ai refoulé. Il me faudrait sans doute pour guérir un jour aller à la rencontre de ce corps et le faire mien. Ca peut sembler si facile de l’extérieur mais si compliqué quand depuis toujours il a été le lieu de tous les conflits et toutes les tensions d’une angoisse, d’une révolte, d’une détresse maternelle réprimée. Et finalement qu’il s’agisse d’ "elle" ou de l’anorexie, c’est un même combat contre la destruction identitaire. Si ce n’est pas la première fois que je mène ces combats, c’est pourtant la première fois que je les mène de front l’un et l’autre l’un avec l’autre, c’est la première fois que je mène le même combat contre "elleS". La première étape franchie, je doute d’avoir encore suffisamment de force et persévérance pour passer à la suivante. Et pourtant, il le faudra bien. Si seulement avec la sortie se profilait une autre sortie. Si seulement je profitais de ma sortie pour prendre ma revanche sur "elles". Il faudrait pour ça que mon corps se taise un temps soit peu, me libérer l’esprit de toutes ses tensions. Accepter ce corps comme le mien, accepter de prendre soin de ce corps, de mon corps, le laisser vivre au lieu de le réprimer. Ce serait une arme supplémentaire pour affronter la vie, une arme qui tomberait si justement dans un moment où je ne me suis jamais aussi sentie désarmée. Seuls quelques stigmates de l’anorexie appellent à prendre soin de la petite chose fragile que j’incarne à merveille, bien trop, trop bien.
La dernière étape sera sans doute celle de l’appropriation de mon corps comme étant le mien avec ses formes, ni trop ni trop peu, un retour à la normalité physique après les deux extrêmes d’une anormalité. Il n’y a sans doute pas d’autre solution que de la patience, de la persévérance et du temps. Après neuf mois de "jouvence"-chiffre symbolique comme je les surinvestis-, j’aimerais sortir et entrer pour de vrai dans la vraie vie, plus de maladie, juste une petite fragilité qui avec le temps finira par s’estomper…Vue idéaliste, idéalisée, utopique d’un nouveau départ mais peut-être pas tant que ça et si c’était vrai que les vilains petits canards finissent par devenir de jolis cygnes, si c’était vrai…
Merci à toute une équipe : Céline-une diét comme on n’en a jamais vu, Marie- une psy des plus empathiques, M. C.- un psy pas trop "-chiatre", Anne-Lise- aux débuts si difficiles, Fanny- toujours le bon mot au bon moment, c’est tout un art, Monsieur "Kilo" –ici ou ailleurs vous m’avez poussée dans mes derniers retranchements à m’ouvrir, vous avez réussi à trouver la faille de ma confiance et je crois avoir gagner la vôtre, Héléne- l’espoir en personne…merci pour votre patience, merci pour votre travail, merci pour votre constance, merci pour vos paroles et attentions si précieuses quand tout semble vous échapper, il est tellement rassurant de pouvoir s’y raccrocher…Merci de me tenir la main quand elle tremble et ne parvient pas à tourner la page pour écrire une nouvelle histoire…
et puis merci les filles, Marylin et Delphine, pour votre soutien, votre compréhension, compagnes de galéres, j'espére un jour que nous serons compagnes de bonheur...pleines d'espoir....
04 juin 2009
démotivité/d'émotivité...motivée...
dans mes errances, j'avance...
de mes erreurs, j'apprends...
regarde en arriére, tu te rends compte...
oui mais non...si fragile...
si seulement il était possible de vivre tout simplement...
peur contre peur, la rage au ventre,
j'abats une à une les cartes du jeu anorexique pour le "je"...
je ne veux plus jouer, je donne ma place...
qui part à la chasse de la vie, perd cette place aliénante...
pas de chance, on fait me confiance...
pas de chance, on continue à croire en moi...
pas de chance, non, BEAUCOUP de CHANCE...
pas facile d'accepter la précieuse aide...
pas l'habitude...
et si ce n'était pas de la chance...
si c'était juste parce que quelques-uns ont l'INCONSCIENCE d'y croire...
mais ne suis-je pas bien plus inconsciente quand je me perds dans mes délires...
un pas en avant, un pas en arriére...
j'erre sur le chemin sinueux de la guérison...
on me fait CONFIANCE...c'est tellement inespéré...
(pourtant, j'ai tout mis en oeuvre pour dissuader, démotiver...)
PASSEZ votre chemin, vous n'avez pas de temps à perdre avec moi...
mais AIDEZ-moi un peu quand même un peu...
(mais non je ne veux pas d'aide...je n'ai pas besoin d'aide...)
TOUT VA BIEN, ne vous en faîtes pas...
mais aidez-moi un peu...
oui mais pas comme ça...
pourtant pas de miracle...
mais répéter et répéter...s'acharner encore et toujours...
[recommencer, chuter et se relever...]
on apprend tout de ses erreurs...
aujourd'hui, je suis riche de ça et ça n'a pas de prix...
aujourd'hui, je peux enfin y croire...
aujourd'hui, je rechuterai peut-être demain...
mais aujourd'hui, je continuerai à avancer...
[tomber et se relever...]
recommencer, tatônner sur le chemin de la VIE...
elle finira bien par m'accepter et vouloir de moi...
aujourd'hui, demain peut-être...
un jour sûrement...
02 juin 2009
parce que c'est toi, parce que c'est nous...
il y a deux ans tu ne voulais pas me croire,
il y a deux ans on m’avait dit qu’il ne fallait pas que j’y crois,
il y a deux ans que nos regards se sont croisés,
et puis tant pis, ni mal, ni bien,
deux ans plus tard, ça fait toujours aussi mal,
deux ans, plus tard, c’est encore et toujours toi,
ton souvenir ne me quitte pas,
cette envie de me blottir dans tes bras ne me quitte pas
ton silence,
tes rares mots me font mal,
je m’accroche à nos souvenirs,
à tous ces petits bouts de toi
qu’il reste en moi,
là ces petites traces de toi,
ce qu’il reste de toi
une image imprécise
une photo perdue dans un étrange vide
ce qu’il reste de toi
un jour de février
un invisible froid
des souvenirs à trier
un sentiment coupable
je mets des peurs à m’en remettre
plus que des bruits des kilométres
j’égare un peu ce qu’il reste de moi
au milieu de ce qu’il reste de toi
ce qu’il reste de toi
un regard sur ce pont
un pauvre jour de pluie
ce qu’il reste de toi une si longue absence
qui se moque de nous
une éternelle danse
un début d’utopie
le chaos de ta peau
dans l’enfer de mes nuits
du sommeil en morceaux
ce qu’il reste de toi
un comment un pourquoi
je me déteste de m’accrocher à ça
mais mon cœur reste un peu à toi
j’ai la naïveté de toujours vouloir y croire
comment faire pour se plaire
on est de la même terre
mais pas du même monde
quel enfer de se taire
et comment se parler ne serait-ce qu’une seconde
rien ne sert des préjugés des codes des barrières
donne-moi une chance
donne-moi au moins un concours de circonstances
donne-moi une chance
donne-moi au moins un doute, une coïncidence
j’ai le corps qui t’appelle
et le cœur qui te pense
donne-moi une chance
on s’évite, ça excite
bien sûr l’indifférence attise les envies
des regards qui s’égarent
on a beau le vouloir l’Autre nous ’interdit
et l’on part
mais dis-moi où peut-on se revoir
laisser aller nos êtres
apprendre à se connaître
un jour, un soir
et si nos âmes s’attirent
ne plus rien s’interdire
et puis voir ce qu’on peut devenir
donne-moi une chance
donne-toi une chance
mais ai-je une autre solution,
il faudrait que je puisse t’oublier,
on m’a dit qu’avec le temps
mais le temps passe
et toi tu restes là
dans ma tête, dans mon cœur,
ils ne peuvent pas savoir
ils ne sont pas nous
ils ne savent pas ce qu’on a pu vivre
tu sais que j’ai du mal encore à parler de toi
tu sais j’ai la voix qui se serre quand je te croise
tu sais j’ai le cœur qui se perd
je crois qu’il te pense un peu trop
c’est comme ça, c’est comme ça
j’aurais aimé tenir ta main un peu plus longtemps
j’aurais aimé que mon chagrin ne dure qu’un instant
et tu sais j’espére au moins que tu m’entends
c’est dur de briser le silence
même dans les cris même dans la fête
c’est dur de combattre l’absence
car cette conne n’en fait qu’à sa tête
et personne ne peut comprendre
on a chacun sa propre histoire
on m’a dit qu’il fallait attendre que le peine devienne dérisoire
c’est comme ça, c’est comme ça
j’aurais aimé tenir ta main un peu plus longtemps
j’aurais aimé que mon chagrin ne dure qu’un instant
on me demande l’impossible,
je voudrais te revoir
il faudrait se revoir
je ne peux m’empêcher d’y croire
un doux rêve,
une douce utopie,
un doux trésor,
j’aime mieux que tu m’aimes,
sans dépenser un sou,
moi je m’en moque,
j’envoie valser les trucs en tocs,
les cages dorées
toi quand tu me serres très fort,
c’est comme un trésor,
et ça, ça vaut de l’or
car quand on s’aime très fort,
c’est comme un trésor
et ça, ça vaut de l’or,
j’en connais des tas
qui feraient mieux de s’aimer
un peu comme nous qui nous aimons beaucoup
car quand on s’aime trés fort,
c’est comme un trésor,
et ça, ça vaut de l’or,
moi pour toujours j’envoie valser
les preuves d’amour en or plaqué
puisque tu me serres très fort
c’est là mon trésor,
c’est toi, toi qui vaut de l’or
et pourtant…
et pourtant…
c’est la vie qui nous a fait nous connaître,
c’est la vie qui nous a fait nous perdre,
et pourtant…
et pourtant…
tu m’as appris à dire les choses simplement,
tu m’as appris à dire…
tu m’as tant appris,
je voudrais pouvoir m’enfuir loin si loin
mais avec toi
tu sais
comme quand nous nous mettions à rêver tous les deux…
croire en l’impossible
c’est bien toi qui m’a appris qu’il fallait toujours y croire…
à ces jours où peut-être
loin de tout, loin de tous,
nous vivrions sans honte ni culpabilité toi et moi
nous pourrions vivre toi et moi là-bas si loin mais si prés de nous…
je n’arrive pas à ne pas y croire,
la vie nous a fait nous connaître,
la vie ne peut plus nous faire nous dé-connaître,
je ne peux pas vivre dans un souvenir,
avec une image aussi imprécise,
avec ces quelques souvenirs,
la plaie reste vive,
mes yeux remplis de larmes,
impossible de cicatriser des ces blessures-là,
il n’y a que toi qui le puisses,
c’est pas c’que tu crois,
juste que c’est pour ça
c’est pas c’que tu crois,
ce n’est qu’une chanson d’amis
d’amis pas d’amour,
ce n’est qu’une chanson d’amis
promis pas d’amour,
je ne t’aime pas
je t’aime bien
ça n’est pas ma main là dans la tienne
ta veste sur mes épaules,
non c’est pas c’que tu crois
juste que j’ai froid
ça n’est pas ma main là qui te gêne
oh je sais ça n’est pas drôle mais
c’est pas c’que tu crois
c’est juste comme ça
ce n’est qu’une chanson d’amis
d’amis pas d’amour
ce n’est qu’une chanson d’amis
promis pas d’amour
je ne t’aime pas
je t’aime bien
ça n’est pas pour celle que tu embrasses
pas pour ça que je pleure
non si c’est c’que tu crois
tu t’es trompé
ça n’est pas parce qu’elle a pris ma place
pas pour ça que je t’en veux si tu ne veux plus de moi
autant se quitter
avec une chanson d’amis
d’amis pas d’amour
avec cette chanson d’amis pas d’amour
ce n’est qu’une chanson promis mon amour
je ne t’aime pas
je t’aime bien
tu ne m’aimes plus
mais ça ne fait rien
tu le sais…
et je sais que…
mais voilà, il faudra sans doute apprendre à vivre sans...puisque…
la vie n’est pas un miracle
la vie nous a tant donné et avant de soudainement tout nous reprendre…
tu sais, je sais…
mais savons si…ne sait-on jamais…
tu m’as promis que tu m’emmènerais si un jour…
il faut toujours tenir ses promesses
c'est toi qui me l'as dit...
30 mai 2009
passage/pas-sage....
lassée, ça a trop duré...mais est-ce l'anorexie qui a assez duré ou mon séjour ici?
les deux bien sur...
envie soudaine irrépréssible de partir....
besoin de me préserver, envie de vivre autre chose autrement que ce microcosme anorexique...
envie de vivre simplement...sans négociations, sans angoisses pour des pâtes au beurre...
comment ai-je pu tomber dans cet enfer?...je le sais maintenant...alors je devrais pouvoir en sortir....alors pourquoi je me sens de plus en plus enlisée...envie de tout lâcher...pas de chose on croit en moi...pas de chance on va m'aider...mais peut-on m'aider à m'appredre à m'aimer, peut-on m'aider à accepter ce corps qui ne me fait que souffrir, peut-on m'aider à me sentir bien dans cette peau de crocodile qui n'a jamais pu me protéger des agressions extérieures?...
peut-on donc seulement m'aider?...maintenant que je souhaite vraiment aller dans le même sens que le soin...je devrais en tirer des bénéfices alors pourquoi ce mal-être, ce mal au corps? pourquoi e ne parviens pas à m'accepter et à faire taire le cri de ce corps qui n'en peut plus de souffrir...
mon corps n'a jamais été mon ami...je n'ai pas beaucoup d'amis...peut-être pourrais-je commencer par m'en faire un ami de corps mais pour autant il faudrait déjà qu'il puisse m'appartenir...envie de tout lâcher aujourd'hui,ce soir...peur au ventre, ventre à terre...
demain est un autre jour me dira-t-on mais je sais que demain sera pire...
impasse passage pas sage...quand vais-je donc parvenir à faire enfin un pas sage...
fatiguée de lutter et voir les problémes s'accumuler au fur et à mesure de mes avancées, peur d'en résoudre un et que deux autres apparaissent comme pour me punir d'avoir un instant cru en des jours meilleurs...je ne devrais pas y croire...sans doute...
25 mai 2009
...ou pas...
acte volontaire ou pas? acte inconscient, c'est certain...
ça fait mal mais la douleur physique n'est tellement rien à côté de la douleur psychique...pourquoi ce besoin en moi...
pourtant je veux guérir...
pourtant je veux me donner les moyens de guérir...
et puis tout s'accélére...je ne voulais pas, je ne voulais plus...je n'avais pas eu si peur il y apresque 2ans...il fallait que je ressente si j'étais bien sure de ne plus en vouloir sans doute...c'est nul...mais nouveauté, si c'est nul, je ne suis pas nulle...c'est juste cette maladie qui l'est...c'est pas toujours celui qui le dit qui l'est...
un jour ou l'autre, ça devait arriver, je ne vais pas me plaindre...j'assume.point final...
je ne recommencerai plus,
j'aimerais faire la paix avec ce corps avec mon corps: il n'y est pour rien lui...il n'a toujours été que la cible d'une emprise perverse...
alors il serait temps vraiment temps que je me réconcillie avec lui, il n'y est pour rien si on l'afait soufrir et m'a fait souffrir à travers lui...
un faux-erreur, une erreur, une illusion, un non-sens, un échec de plus...non je ne veux pas y croire,
je vais rebondir, je vais me relever et y parvenir,
trop de pression, trop de tensions...il faut être pris pour ne plus s'y laisser prendre...
à l'avenir, je devrai être plus vigilante...je ne veux plus décevoir, je ne veux plus me décevoir...c'est nul je ne suis pas nulle...je ne suis pas, plus une minable qui met tout en échec...
ça suffit me dit-elle, je lui fais confiance, donc oui ça suffit....
arrête me dit-elle, je lui fais confiance donc oui j'arrête...
je ne suis pas une minable, je ne me laisserai plus prendre au piége...je n'en veux plus de cette"..."d'anorexie, ça a trop duré...
j'arrête,
ni minimiser ni dramatiser, ce qui est fait est fait et n'est plus à faire, ni à refaire...
tout a brûlé en moi soudainement mais ma détermination, ma conviction, ma certitude restent bien intactes
je guérirai, je me guérirai, je serai plus forte que leurs idées et principes ravageurs et dévastateurs...assez de dégâts...
je guérirai, j'y travaille,
bientôt la fin...bientôt la fin de la faim...
bientôt, dés que possible, le début de la fin, le début de la vie...sans elle mais avec les autres...
16 mai 2009
toute une histoire, toute mon histoire...
au lendemain d'un marathon parisien, je réalise un peu mieux le chemin parcouru depuis la premiére fois où la caméra s'est posée sur moi...
jamais je n'aurais pensé recevoir autant en acceptant de témoigner sur mon enfer quotidien...
engagement, volonté, espoir, courage...je ne savais pas vraiment pourquoi je l'ai fait...
c'était peut-être risqué étant donné qu'on s'intéressait à ma maladie, si je guérissais je n'aurais plus d'intérêt...
mais peut-être qu'au début je ne l'ai pas fait pour guérir mais juste pour attirer les regards...
honteuse, je l'avoue...
je m'engageais face à la caméra à guérir mais sans le vouloir vraiment...puisque sans anorexie, je n'aurais plus de raison d'être face à la caméra...
et pourtant deux ans et demi plus, tard, quatre émissions plus tard, la magie du direct indirect semble bel et bien avoir fonctionné...
jamais je n'aurais pensé recevoir autant à travers mon témoignage, non pas de la pitié, non pas de la complaisance, non pas del'admiration...mais tout simplement de la vie, du soutien, de l'empathie, de l'écoute, de l'humanité...
jamais je n'aurais pensé que des journalistes, un homme de télévision et toute une équipe me donneraient autant de force pour me battre...
alors le 12 décembre 2006, si je me suis engagée sans réelle conviction, je me suis malgré tout engagée, et je ne suis pas tombée dans le piége médiatique...quoique...puisque deux ans et demi plus tard, je suis revenue pour la quatriéme fois face à la caméra...
"je me sens enfin vivante"...ces mots, mes mots ont marqué JLD, ils me semblent pourtant si anodins...
toute une histoire a été le témoin, le fil conducteur de ce long cheminement vers la guérison...marquant, soulignant chacune de mes victoires, respectant chacune de mes chutes...
hier, j'ai tellement reçu sans m'ay attendre, des regards, des sourires, des mots des gestes qui en disent longs et qui sont pour autant de petites étoiles qui illuminent le chemin encore long vers la guérison...
c'est bien peu mais voilà, je tenais à adresser mille mercis à Pauline, Lauriane, Aude, Camille, Lucille, Julie, Aurélie, Sabrina, François, toute l'équipe de toute une histoire et bien sûr Jean-Luc...
13 mai 2009
donne-toi une chance...
donne-toi une chance...je dois pouvoir me donner cette chance, il n'y en aura certainement pas d'autres, alors rien ni personne ne doit se mettre en travers...
9 mois que je suis partie...
8 mois d'hospit...
14kg de vie...
des dizaines de chutes, de crises d'angoisse, de peurs,...
des centaines de journées passées à attendre un signe, une pensée, une idée,
des centaines de kilométres avalés pour tuer le temps et tuer l'angoisse débordante,
rien ni personne n'a le droit de se mettre en travers de ce long et sinueux chemin qui méne vers la guérison...
autant de remises en questions, de mises à nu du plus profond de moi-même,
autant de souvenirs résurgents, angoissants, oubliés, dépassés, trop vécus, trop enfouis...
des mots: anorexie, trouble alimentaire, dépression, maltraitance, abus physique, abus psychique, emprise, manipulation, haine, réincarntation, enfant avorté, secret, silence, tabou....
autant de mots qui mis bout à bout finissent par donner du sens à une histoire, à mon histoire...
j'aimerais tant tourner la page, j'aimerais tant passer à autre chose...
j'aimerais tant respecter la vie qui est en moi, apprivoiser mes vieux démons pour qu'ils me laissent enfin en paix
la route est encore longue bien trop longue parfois je perds tout espoir, pourquoi moi, pourquoi je suis tombée dans ce cercle infernal...pourquoi n'a-t-elle pas vu que j'allais mal...pourquoi m'a-t-elle mis en tête toutes ses idées les plus loufoques les unes que les autres???...
et pourquoi chacune de mes relations rejoue inlassablement cette relation archaïque...tourner la page...écrire une autre histoire...
une histoire de vie, où les fantômes en tout genre n'aurait pas de place, où l'anorexie n'aurrait pas de place, où les ravages de leurs principes et leurs idées n'auraient pas de place...une histoire un peu moins con que celle qu'ils ont voulu écrire pour moi...
maltraitance...mon enfance n'était pas une enfance normale...j'ai longtemps refusé de l'admettre, j'ai longtemps chercher ici ou là une cause qui serait légitime...alors qu'elle était là, juste à côté de moi, en moi...maltraitance, abus, emprise...et dire que j'y ai cru...
la normalité, l'anormalité semblent soudain si proches...virage à 180°...et si c'était eux qui n'étaient pas normaux...
aujourd'hui j'apprends à balayer les ravages de leurs idées, de leurs croyances et j'apprends à devenir normale, à devenir humaine...
aujourd'hui, je découvre que la vie peut être simple et que c'est comme cela qu'on l'apprécie le plus...
derriére leur simplicité, qu'est-ce qu'ils étaient bien compliqués, avec toutes leurs idées et leurs pensées...
je le leur rends tout ce qui leur appartient, je n'en veux plus, je n'en aurais jamais voulu si on m'avait laissé le choix...ils me diront qu'ils m'ont laissé le choix sans doute...
ils ont juste réussi à casser ce quelque chose que je m'efforce de reconstruire aujourd'hui...jamais plus je ne leur laisserai le droit de l'atteindre, de m'atteindre puisque c'est mon identité que je suis en train de constreuire...
cette jeune femme que je suis en train de devenir, que j'ai encore un peu de mal à accepter physiquement et pourtant...cette jeune femme, que j'apprécie de plus en plus, je suis fiére d'être elle, je suis fiére de m'y reconnaître de voir que finalement d'un zombie, des personnes dignes de toute confiance ont réussi à construire une personne humaine...le chemin est encore long mais je me donne la chance d'y parvenir...
vivement le jour où je ne comprendrai plus ple langage anorexique, vivement le jour où l'anorexie ne sera plus qu'un mauvais souvenir....
05 mai 2009
excés d'optimisme...
neuf mois , c''e'st le temps de gestation, il faut bien plus de neuf mois paraît-il pour devenir une personne...j'ai été un peu trop pressée, un peu trop optimiste...neuf mois pour naître mais bien plus pour devenir "un-être"...j'ai voulu croire au symbolisme mais la guérison ne se satisfait pas de symboles...il lui faut du concret, des repas, des repas et encore des repas, du forcing au départ et l'espoir qu'un jour tout ça devienne naturel...
guérir prend du temps,
guérir demande des actes,
guérir demande de la patience,
guérir demande de la répétition,
guérir demande de l'acharnement...
ne plus jamais laisser la moindre place à la petite pensée anorexique, ne plus l'utiliser contre soi tout en croyant l'utiliser pour soi...
ne plus se servir de la maladie pour justifier ses failles, ses refus, ses restrictions,
se responsabiliser face à son alimentation............lâcher prise et faire confiance.......
travailler sur soi,
travailler sur la face cachée de l'anorexie beaucoup moins glorieuse...
merci Céline, merci Marie, votre travail porte ses fruits, votre travail ne sera pas réduit à néant, c'est grâce à vous qu'au quotidien, je tiens, c'est un premier pas, c'est le plus important....
guérir prend du temps...il faut l'accepter...
tenir...
tenir...me raccrocher à cet espoir...je tiens...je me raccroche à un espoir...des efforts, encore et toujours...mais pour quoi...des promesses jamais tenues, des signes insignifiants...et une douleur...
sentiment aliénant que l'on se joue de moi, que l'on joue avec moi...sentiment aliénant de ne pas décevoir au prix de cette douleur lancinante, harcelante...
je dois guérir, je ne dois plus décevoir...alors pourquoi j'ai si mal...
pour quoi je fais tout ça, pour qui...je ne sais plus bien...pas une minute de répit...pas une minute de calme dans cette tempête...
envie de crier...besoin de pleurer...envie de dire...besoin de crier...
confusion...trahison...
tu n'es pas une minable, arrête de te comporter comme telle...
et si c'était quand même vrai, si j'étais quand même minable....
l'anorexie a une fin, comme toute chose...
l'anorexique a faim, comme tout individu....
je ne veux plus communiquer alimentation mais j'ai si peur de communiquer dépression....
je voudrais juste trouver pour quoi vivre...
pour les miens, pour ceux qui m'aiment, qui m'aiment vraiment pour ce que je suis...
dernier acte d'une comédie pas si dramatique....
je n'étais pas de leur monde, je suis d'ailleurs, je suis ailleurs...
je sais bien pour quoi...mais je ne suis plus sûre d'y parvenir...
d'effort en effort, je lutte juste pour vivre...
pensée anorexique...ne surtout pas m'y accrocher...
je sais que... mais c'était mon seul appaisement...
je ne veux plus jouer sur la gamme anorexique, je sors du jeu...et tente une ultime fois de me retrouver pour juste vivre, pour vivre juste...
abattue, je me réfugie non plus dans l'anorexie, mais dans un coin, recroquevillée, les nuages finiront par passer...
si au moins, je pouvais avoir un signe que je suis sur le bon chemin...mais seule la peur se manifeste...promesses déçues, je n'aurais pas dû y croire...j'ai trop voulu y croire...excés d'optimisme, défaut de patience...
motivée, démotivée, des questions plein la tête...toujours pas de réponses...
peut-être devrais-je arrêter de chercher, arrêter de penser...pour un epu plus vivre, si c'était juste moi, si j'étais juste là ici et maintenant...
arrêter de rêver, arrêter de vouloir,
passer enfin à autre chose, passer enfin sur le mode vie, le mode envie..en-vie....
juste un peu parce que juste un peu moi...
04 mai 2009
l'anorexie a bien une fin...
j'en suis certaine maintenant, je ne suis pas encore guérie, loin de là, puisque cette maladie ne se réduit pas à ses seuls symptômes visibles: poids, comportement alimentaire, hyperactivité physique et psychique. Mais voilà j'ai décidé de ne plus la laisser s'exprimer en moi...Ce n'est plus elle qui doit dicter mes repas ou mes restrictions, ce n'est plus elle qui doit au nom de je ne sais quelle angoisse légitimer mes restrictions. L'anorexie n'est vraiment pas un moyen de communication efficace et adapté. Pas facile de communiquer alors avec les autres patientes...mais je ne veux plus entrer dans le processus : "c'est la maladie qui...". j'ai eu bien trop de mal à en sortir, je n'en suis certainement pas encore complétement sortie mais je l'espére en bonne voie...aprés ce week-end diffcile, une seule satisfaction: mes difficultés ne se sont pas reportées sur mes plateaux, mais c'était loin d'être facile quand la gorge se noue par l'angoisse à la moindre bouchée...mais voilà, une étape de franchie...
Un cauchemar pas courant: deux femmes: ma mére et une autre se disputaient ma maternité...
Une question me harcéle: pourquoi je me bats pour vivre alors que je me demande pourquoi ma mére m'a fait naître?...je n'aurai sans doute jamais la réponse...il n'y en a peut-être même pas...alors comment m'en défaire et ne faire que me battre pour vivre?
L'anorexie est vraiment un paradoxe car je ne me suis jamais aussi sentie malade en ce moment que lorsque j'étais au plus bas, en danger vital...
La reprise de poids n'est pas une chose facile mais l'acceptation de ce poids l'est encore bien moins...Mais voilà j'ai acquis cette certitude: la seule issue est l'acceptation d'un poids minimum pour pouvoir passer à autre chose...pas facile quand on vit depuis des années dans un corps cachectique, les formes semblent bien trop en formes et le moral bien trop bas...Avec le temps peut-être que je finirai par y arriver, peut-être que je prendrai possession de mon corps, un corps normal...
mais ce que je ne veux plus c'est que la maladie dirige ma vie, ma mére l'a assez fait...ça suffit...Mais voilà, tout n'est pas facile...le chemin est bien sinueux...
03 mai 2009
neuf mois aujourd'hui...
9 mois aujourd'hui mais rien n'a vraiment changé...je suis toujours en lutte avec ce poids...la différence c'est qu'il ne s'agit plus du même poids...mon poids physique, je suis déterminée à l'accepter, il n'a vraiment rien de catastrophique, si ce n'est dans ma tête...avec un peu de travail, je pense que je me verrai enfin comme je suis...c'est le prix dela guérison de toutes façons, je ne vais pas passer ma vie à contempler mes os et leurs saillies...je commence à comprendre que la vie peut être bien plus passionnante que ça...le poids qu'il me faut accepter c'est celui que je porte en moi: le poids de la culpabilité, du silence, de la honte, du non-dit, de l'humiliation. c'est comme ça et on n'y peut rien...accepter la réalité et pouvoir enfin passer à autre chose...je ne veux pas retourner en arriére, ça ne ménera à rien...j'y ai cru longtemps, le résultat est bien triste...il faut bien qu'un jour, j'arrête de foncer dans le mur...ça ne sert à rien...la maigreur, l'anorexie sont vraiment insignifiante, un moyen de communication des plus archaïques, des plus solitaires qui ne méne qu'à l'incompréhension, l'éloignement, la destruction de toute vie autour de soi...c'est rassurant au début mais ça devient vite angoissant surtout quand on sent que le piége s'est refermé et qu'on en a perdu la clé...on me tend la clé depuis prés de 3ans, j'ai mis du temps à la saisir, elle n'a pas encore ouvert toutes les portes, mais je prendrai le temps pour une fois de faire les choses jusqu'au bout...à terme, il y a la vie, la vraie, la vie avec les autres et pas à côté d'eau dans une bulle autistique peuplée, d'os de kilos, d'aliments, de calories à traquer, à dépenser...cette vie-là est bien triste...je n'en veux plus je m'en donnerai les moyens pour y parvenir...
02 mai 2009
date symbolique ou pas?..
demain, ça fera 9 mois que je suis partie, 9 mois que j'ai quitté la maison de mon enfance...9 mois, que j'ai mis fin au moins par la distance à l'emprise maternelle...un aller sans retour...sentiments coupables...mais en serais-je là aujourd'hui si je n'étais pas partie?...non j'en serais sans doute toujours à me battre contre mes kilos, cible facile, cible vaine...ce n'est pas contre mon poids physique qu'il me fallait me battre, mais bien contre le poids de la honte, du secret, du non-dit en moi...alors voilà 9 mois plus tard, des petits kilos repris, un nouveau corps qu'il m'est encore difficile d'accepter...mais l'idée encore jamais éprouvée que la solution face à ce corps douloureux, n'est pas la rechute pondérale mais bel et bien l'acceptation de ce nouveau corps que somme tout je dois être l'une des rares à voir aussi diforme et démesuré...petite avancée s'il en est une, je ne vois plus obése...la raison l'a emporté sur le délire dysmorphophobique...et me voilà à rêver du jour où j'aurai sans honte la possibilité de lever les yeux fiérement face au miroir...il y a du travail...mais c'est à ce prix que je me libérerai de cette pesanteur corporelle...
9 mois...c'est la durée nécessaire pour donner la vie...j'aurais tant voulu qu'il en soit ainsi demain, la vie au rendez-vous...9 mois pour renaître, pour naître, pour faire naître la petite fille avortée dans mon esprit et qu'elle séche ses larmes
...9 mois pour me donner la vie, le droit de vivre...
9 mois d'une séparation maternelle fortement culpabilisée mais tellement salutaire...je me suis donné ce qu'elle ne m'a jamais vraiment donné: le droit de vivre...pourtant je ne suis pas achevée, pas encore guérie...peut-être faudra-t-il encore 9 mois pour reconstruire, cette vie bien mal entamée...j'aurais voulu que ce soit pour demain...quelle revanche ça aurait pu être...
quoiqu'il en soit je ne veux pas baisser les bras même s'ils me semblent bien lourds en ce moment...je prends conscience que de toutes même avec ces kilos en moins, je ne me sentais pas sereine, le probléme ne se situe donc pas dans le chiffre mais dans l'acceptation d'un corps qui respire la vie...je me défait peu à peu de ce corps déchiqueté, cachectique, anorexique, squelettique...je n'ai pas encore trouvé mes marques...la peur au ventre qu'il explose...mais voilà c'est à coup de repas et de repas, que j'en viendrais sans doute à bout...pour la premiére fois, je me rends compte que je fais vraiment confiance à mon médecin et à lui seul...il est loin le temps de ce lapsus quand ce dernier me demandait de faire une choix entre lui acccorder ma confiance ou l'accorder à ma mére : "je vous fais confiance à elle...". Aujourd'hui, plus aucun doute Mr rigaud, je vous fais confiance à vous et rien qu'à vous...c'est bien un moindre mal quand on sait avec quelle confiance vous avez accepté de m'aider...
9 mois, 9 mois...demain sera sans doute difficile marquant un tournant dans ma vie, une page se tourne, un raz-de-marée dans ma vie...mais qu'aurait-il pu m'arriver de pire que de ne pas partir ce 3 août 2008...
01 mai 2009
jusqu'où va-t-on aller comme ça?...!...
cest vraiment à se demander...il y a des limites à tout, y compris à la méchanceté...c'est vraiment triste de constater que certaines personnes doivent vraiment prendre un malin plaisir à vous anéantir...c'est triste et ça me révolte...
7 mois que je me bats...7 mois que jour aprés jour je tente de mettre un peu plus de distance entre cet enfer et ma vie...7 mois que je me fais violence pour ne pas tout lâcher et continuer à faire confiance...7 mois de galéres en galéres la peur au ventre, la culpabilité exacerbée, l'angoisse du lendemain, les idées pas toujours roses, que je lutte pour tenter de tourner la page anorexique...7 mois de repas pris de plus en plus "soigneusement"...7 mois mais manger reste un acte contre nature...j'essaie pourtant, je tente de me convaincre malré tout que je suis sur la bonne voie...
je fais confiance à mon médecin, sa femme, ma diét, la psy et toutes les personnes qui conjuguent leurs efforts pour me soutenir...alors pourquoi, ces personnes triomphantes de leur anorexie m'éclatent-elles à la tête? pourquoi leur complaisance me fait si mal?...je ne veux pas retourner en arriére...c'est une certitude jusque là inexplorée...mais aujourd'hui, je sais que je ne veux pas retourner d'où je viens...je voudrais juste faire la paix avec mon corps, que mon esprit se serénise que les loufoqueries et errances anorexiques aillent se nourrir ailleurs que chez moi...j'ai trop donné, je n'en veux plus de cette saleté, je n'en peux plus...pour la premiére fois de ma vie anorexique, je ne veux plus retourner au plus bas, je veux juste que mon corps arrête de me faire mal...encouragé par les propos des unes et des autres perçus malgré moi, ici et là
en tant qu'anorexique, j'ai aussi eu mon moment de gloire à être la plus..., la plus... ou encore la plus...mais aujourd'hui, la gloire a fait place à la honte, la répulsion et l'horreur...j'ai honte d'avoir eu un tant soit peu ce sentiment de gloire, de triomphe seule avec mon anorexie...quelle horreur...quelle horreur...
j'aurais tant aimé avoir une autre solution, un autre moyen de communication à ma disposition que l'anorexie...j'aurais tant préféré que ma mére voit à temps que j'allais mal...que mon corps était un poids, tant physique que psychique...j'aurais tant préféré qu'on m'aide à accepter ce fardeau plutôt que tomber dans ce fléau...
personne n'a vu,ça n'est pas de leur faute, je n'ai sans doute rien voulu, ni pu laisser voir...emmitouflée sous mes épaisseurs, je m'étais construite une carapace infaillible jusqu'au jour où la vie a tenté malgré tout, malgré moi de s'y infiltrer...
riche de rencontre, riche de conïncidences, riche de mains tendues, j'ai décidé de rejoindre l'autre rive, le monde des vivants...on ne peut être vivant et anorexique...il faut bien choisir un jour...malgré les doutes, malgré les peurs, j'ai choisi de m'en sortir...
il n'y a vraiment aucune gloire à se laisser crever de faim...
il n'y a vraiment aucune gloire à contempler un à un chacun de ses os, stigmates anorexiques...
il n'y a vraiment aucune gloire à triompher d'un chiffre en chute libre...
il n'y a vraiment aucune gloire à se croire au-dessus de tout, de tous insensible à toute tentation de plaisir...
il n'y a aucune gloire à se fuir, à s'enfuir dans les dérives anorexiques...
il n'y a aucune gloire à s'y enraciner, s'y enfoncer chaque jour un peu plus...
je me rends compte combien j'ai pu être hautaine et méprisante triomphant de mon anorexie...je présente toutes mes excuses à toutes celles et tous ceux que j'ai pu offusquer, faire souffrir...aujourd'hui, j'ai tellement honte...
il me reste une chance pour me rattrapper : sortir des affres de l'anorexie, triompher de cette victoire, la gloire est bel et bien là...il serait sans doute plus facile maintenant que j'y suis d'y rester...mais quelle vie, je me réserverais là? et quelle souffrance j'imposerais aux autres, et pour combien de temps...?
non décidément aujourd'hui quand j'entends et vois ce que je j'entends et vois, je me dis qu'intelligence, respect, humanité, et bien d'autres valeurs ne sont pas compatibles avec anorexie...
et pourtant sortir de l'anorexie, de cette illusion est bien douloureux...il me reste que l'espoir qu'un jour la tempête cédera à la sérénité, le corps se taira, mon corps sera source de plaisir...un jour, je ne me cacherai plus, un jour l'anorexie ne sera plus qu'un vieux souvenir...je ne veux pas devenir une vieille anorexique qui se glorifie de ses mises en échec de toute thérapie, j'en ai assez fait...je ne veux pas ressembler à ces vieilles anorexiques qui ne ressemblent plus à rien qu'à des squelettes déséchés...et dire que j'ai failli être de celles-là...
non, non, non, je ne veux pas finir comme ça...j'ai une revanche à prendre sur la vie, la méchanceté et la connerie humaines...je veux de tout coeur y parvenir m'en donner les moyens, j'ai trouvé la force de me détruire encore plus qu'elle ne l'a fait, je trouverai la force de me construire...je le sais, "on" me l'a dit...et lui, elle je les crois au delà de tous mes doutes et mes peurs...merci à eux deux d'entretenir cet espoir si soigneusement...
30 avril 2009
et puis voir ce que je peux devenir...
parfois je prends peur...envie de tout lâcher...envie de revenir à ce que je connaîs par coeur...impossible...aucun sens...je ne peux plus revenir en arriére, je ne veux plus...mais parfois, juste envie ou besoin, sans doute pour voir quel goût avait ce trou sans fond...quand je vois ce que cette saleté d'anorexie peut faire de nous, j'ai tout peut-être encore bien plus peur...non décidément, je ne peux plus retomber, je ne veux plus...ce serait si simple s'il n'y avait pas cette douleur qui me fait si souvent douter...mais voilà, l'anorexie devient de plus en plus insignifiante, c'est un moyen de communication bien archaïque qui reste bien peu efficace...la preuve en est...je n'en serais pas là aujourd'hui si l'anorexie avait vraiment un sens...la fierté anorexique est bien illusoire, aujourd'hui je n'y vois plus que complaisance malsaine, maladive...je suis tombée dans le piége, je ne pouvais pas savoir à ce moment-là...je me suis trouvé mille et une excuses pour ne pas avancer, une de trop qui a bien failli me coûter la vie...j'ai encore du mal à en prendre conscience...ce serait tellement plus simple si j'y parvenais...il n'empêche que malgré mes doutes, malgré mes peurs, malgré mes errances solitaires, je crois aujourd'hui avoir trouvé une issue à cet enfer...il faudra encore du temps, je vais me donner ce temps et le prendre...il faudra encore sans doute beaucoup de larmes, beaucoup de peine pour franchir le dernier pas, le plus dur, le moins évident, le moins rassurant mais le plus salutaire...il me faudra encore mettre beaucoup de distance, de pas, de repas entre elle, entre elle-s et moi...c'est à ce prix-que je pourrai crier victoire...mais avant il va me falloir vider tous ces cris étouffés, inexprimés qui résonnent encore bien trop en moi...le silence a un prix, la parole bien plus encore...je paierai ce prix, la vie prendra enfin ses droits, je n'ai pas demandé à naître mais je me demande aujourd'hui le droit de vivre...je ne sais pas si j'y parviendrai...mais je ne sais que je ne veux plus rester comme ça...
l'anorexie tue tout sur son passaege, ravage tout soupçon de vie, tout soupçon d'émotions, tout soupçon d'humanité...l'anorexie tue tout simplement mais si sûrement...quand je vois ce que je pourrais devenir dans quelques années...je prends peur, dépêche-toi petite fille de vider tes larmes et te remplir de vie, laisse tes peurs de côté, il y a tant de gens qui sont prêts à te consoler, à t'accueillir et t'accpter telle que tu es...avec tes immenses yeux noirs...
dépêche-toi petite fille le temps qui passe ne se rattrappe plus, tu as tant de choses à faire, tant de choses à vivre...dépêche-toi petite fille de t'ouvrir aux autres, à la vie qui te tend les bras...dépêche-toi petite fille, tu peux être fiére de toi...petite salamandre...tu peux être fiére de toi...regarde en arriére, tu y verras le chemin parcouru...et puis regarde devant toi, tu y verras la jeune femme en devenir...regarde autour de toi, bientôt tu n'y verras plus les méandres anorexiques...il n'y a plus de place pour l'anorexie dans ta vie, "on" te l'a dit...
petite fille, tu vas y arriver, je te soutiens de tout mon coeur...
petite fille tu vas te guérir de cette enfance...non on n'aura pas réussi à te brûler vive...tu es plus forte que ça, tu as traversé les affres anorexiques, tu survivras à tout même à la vie...
je suis toi petite fille aux yeux noirs, je suis fiére de toi, je suis fiére de moi...je sais que je vais guérir, "on" me l'a dit...et je sais que pour une fois "on" aura raison, je veux y croire...
28 avril 2009
entre-regards...
il y a deux ans, nos regards se sont croisés...timidement...peu à peu, ce sont nos mains qui se sont croisées...timidement...tu ne voulais pas, tu ne pouvais, je ne voulais, je ne pouvais pas...mais ensemble nous avons pu, nous avons voulu...sans y croire vraiment, tu m'avais prévenu dés le départ...nous avons lutté contre, avant de baisser les bras et puis laisser faire...et puis tout s'est soudain accéléré...je te revois apparaître de nulle part cette aprés midi alors que tu devais être à des centaines de kilométres, nos escapades, nos rencontres, nos ballades, nos petites virées, nos soirées, nos journées, nos moments volés, nos moments coupables, nos moments de faiblesse... et puis tant pis, aprés tout, on n'y peut rien...mais là dans tes bras, j'étais si bien, rien ne pouvait arriver, blottie dans tes bras, j'étais si bien...coupables de nous aimer, victimes de notre amour...aurions-nous dû, aurions nous pu...?tu ne voulais pas me croire, tu ne cessais de me provoquer pour y croire...et puis trois petits mots un jour...trois petits mots pour croire au-delà de tout espoir...croire que la vie pour une fois serait au rendez-vous, la chance avec nous...trois petits mots murmurés...trois petits mots interdits...blottie dans tes bras, nous nous rêvions à ce qu'aurait pu être notre vie si...il faut vivre ses rêves et rêver sa vie... nous avons cru l'espace d'un instant même si en toute évidence nous savions que...
les jours, les semaines, les mois passent...on se disait qu'avec le temps...mais voilà le temps n'y peut rien...tu restes là, si présent...des souvenirs plein la tête, des souvenirs plein le coeur...nosenvolées, nos escapades secrétes, que nous gardions précieusement pour nous...personne ne devait savoir...je ne devrais plus y croire mais tout me rappelle à toi...le moindre signe de ta part suffit à me porter dans mes espoirs...je ne devrais plus te croire...le temps n'y peut rien, le temps n'efface rien...tu ne vas pas bien, je n'ose te demander pour quoi...sans doute parce que je connaîs la réponse, tu m'as appris à lire entre tes lignes, tu m'a appris à te deviner...
un jour, tu m'as promis que tu serais toujours là pour moi...un jour, tu as voulu voir ce qu'on pouvait devenir...ce jour-là, j'ai dit non, je le regrette, j'aurais tant voulu...mais je ne dois plus y croire des souvenirs plein la tête, des souvenirs plein le coeur, un espoir, un jour peut-être...un jour peut-être pourrons-nous nous revoir et puis voir...je ne devrais plus y croire mais je ne peux m'en empêcher même si je sais que ce seront autant d'espoirs déçus... tu m'as appris à y croire, à toujours croire en ses rêves...d'espoir en désespoir, je ne peux m'empêcher de croire que...
27 avril 2009
c'est pour ton bien...
il y a des jours où à trop vouloir, je ne peux plus, je ne veux plus...il y a des jours où je voudrais tellement pouvoir mais je ne veux pas...il y a des jours où tout me semble vain...il y a des jours où l'nevie de tout lâcher devient tellement forte qu'elle en est oppressante...il y a des jours où je me mets à en vouloir à tout le monde, je me révolte contre tout, contre rien, contre moi...je n'ai pas su voir, je n'ai pas su dire, je n'ai pas su protéger et préserver la petite fille que j'ai été...elle m'en veut, je m'en veux...mais la petite fille, c'est moi sans doute ai-je tendance à trop vouloir le cacher, honteuse, humiliée...était-ce de ma faute, aurais-je pu savoir que même si c'était pour mon bien, elle n'avait pas tous les droits, et que même si c'était pour mon bien, je n'étais pas coupable de ne pas aller bien...peut-être aurait-elle dû voir avant, face à l'évidence, elle aurait dû voir que je n'étais pas bien...est-ce de ma faute si j'ai dû le cacher, taire l'indicible...
est-ce de ma faute si je n'ai un jour pu trouver comme seule issue cette saleté de maladie pour tenter d'exprimer les maux de mon enfance, les mots...dire, mentir, taire, fuir, partir,...?je ne sais plus quelle est la meilleure des solutions, j'ai cru trouver une échappatoire dans mon rêve solitaire, une vie rêvée pour fuir une vie volée...jusqu'au jour où d'avoir voulu trop contenir, trop fuir, la réalité frappe dans un dernier sursaut et vient signifier l'indicible...ce que j'ai vécu est bien réel, non je n'ai pas déliré...la petite fille aux yeux tristes, c'est un peu moi, c'est tellement moi...je n'ai pas su la protéger...si je n'avais pas été elle sans doute aurais-je eu la force de trouver légitime de ne pas me soumettre...mais voilà, je suis coupable d'avoir été victime, c'est de ma faute, j'aurais dû voir, j'aurais du savoir que cette petite fille avait le droit d'être triste et surtout aurait du pouvoir le dire...si on le lui avait permis...aujourd'hui, le cauchemar enfantin ne cesse de se rejouer sans jamais aller jusqu'à la fin, arrêté soudainement dans un trop plein d'angoisses...mais c'était pour mon bien...je ne vais pas me plaindre...je serais bien ingrate...car c'était pour mon bien...à moins que pour son bien, puisqu'à travers moi, il n'y avait qu'elle...c'était pour son bien...oui sans doute...aujourd'hui, seule face à moi-même, je tente de consoler la petite fille qui n'a jamais senti le droit de vivre...je tente des percées dans le cauchemar famillial, rompre la chaîne des transmissions et non-transmissions, rompre le silence, dire ce que personne n'a jamais osé dire...et puis voir ce que je peux devenir...la petite fille était bien triste, la petite fille n'y était pour rien, elle ne pouvait pas savoir...
21 avril 2009
et rejoindre le monde des vivants...
j'en ai assez de nager à contre courant contre vents et marées...contre moi-même...
j'aimerais tant rejoindre le monde des vivants...
me vider de mon vide intérieur et m'emplir de vie... je voudrais tant qu'une main se tende et que je puisse enfin la saisir...
de tempêtes en raz-de-marées, j'ai le sentiment de m'essoufler
alors que je n'ai jamais tant désiré vivre...
je ne veux plus couler, laisser couler et me laisser couler...
je veux sortir la tête de l'eau...rejoindre la terre...cesser de remplir ce puits sans fond, cette soif avide de vide m'épuise et me vide...
rien ne rime à rien...
il n'y a qu'en vivant que je me sortirai de là...
je le voudrais tant alors pourquoi tant de doute...
trouverais-je un jour un peu de paix avec moi-même...de coups d'éclat en coups du sort, je tente dans un dernier sursaut de me relever...
déterrer la hache de guerre contre cette saleté d'anorexie, faire la paix avec mon corps... de guerre lasse, je me lasse, fatiguée épuisée... je me bats contre mes démons mais j'ai peur si peur qu'ils soient plus forts, qu'ils gagnent cette ultime combat mais c'est ma victoire qui se joue-là...je voudrais tant qu'une main se tende et me méne enfin sur le bon chemin, lasse, fatiguée, je m'épuise mes forces diminuent à mesure que mon poids augmente...
corps de bataille, corps de guerre, je méne ma guerre...je me bats contre les kilos cible insensée, illusoire, tellement facile...
cent fois sur le métier tu remettras ton ouvrage...cent fois je me battrai encore et encore mille fois s'il le faut...toute peine mérite salaire...
consoler la petite fille qui pleure qui a peur qui ne sait comment dire qu'elle a mal qu'elle voudrait vivre, être reconnue pour elle...qu'on la me laisse vivre en paix...
la paix avec mon corps est d'une valeur inestimable mais aurais-je les ressources pour y parvenir...arrêter de me convaincre que si je veux je peux car je veux donc je peux...
je voudrais tant qu'une main se tende et que je puisse enfin la saisir
et dans un ultime effort crier ma Victoire...
19 avril 2009
j'anorexise, j'exorcise, j'apprends à vivre...
il y a des jours où tout semble compliqué...il y a des jours où je voudrais tout lâcher...il y a des jours où une sensation de trop vécu devient de plus en plus pesante...il y a des jours où les regrets sont plus présents que jamais...il y a des jours où j'ai envie de hurler un immense m...à cette saleté de maladie...parce que je n'en peux plus, parce que je ne la supporte plus, parce que je ne me supporte plus, parce que je ne supporte plus ce qu'elle a fait de moi, parce que je ne supporte plus de voir à traversles autres ce que j'ai été, ce que je suis encore parfois, encore trop souvent...honteuse, humiliée, angoissée, lasse, fatiguée...cette maladie est un pur poison qui aujourd'hui me glace les veines...cette maladie aujourd'hui je la déteste, et dire que je m'y suis tant complue...et dire que parfois j'aimerais encore y regouter, chuter encore plus histoire de voir si j'ai bien touché le fond...je respire la complaisance...je respire mes mansonges...ce sont eux qui m'ont fait vivre, ce sont eux qui m'ont fait tenir jusqu'à maintenant...mais aujourd'hui, me voilà seule, face à moi-même...et que me reste-t-il de ma complaisance, de ma jouissance malsaine, de ma fierté anorexique? j'ai eu mon moment de gloire anorexique, où j'ai été la meilleure...j'ai honte aujourd'hui car je ne le suis plus mais je suis aussi tellement fiére de ne plus l'être...je voudrais juste que mon esprit s'appaise, que mes idées s'éclaircissent...je voudrais juste pouvoir être vraiment fiére de moi, ne plus avoir à envier les autres, ne plus les envier du tout...alors j'ai honte car je réagis violemment à toute manifestation, à tout comportement à toute attitude anorexique...je réagis violemment beaucoup moins par envie beaucoup plus par haine de cette maladie...cette maladie qui sert si souvent de prétexte et de caution à tout et n'importe quoi...je croyais avoir vu le pire du pire...je croyais avoir fait le pire du pire...je n'en peux plus de constater avec quelle complaisance, quelle jouissance, certaines peuvent s'afficher...mais puis-je leur en vouloir car je ne peux oublier que j'ai été aussi comme ça...j'ai été aussi comme ça à contempler chacun de mes os, à me glorifier de ce chiffre toujours plus bas, à me croire toute puissante, plus forte que la douleur...je croyais alors vivre la pire douleur de mon existence mais aujourd'hui seule, sans plus pouvoir compter sur ma maladie qui disparaît au fil de la reprise de poids, je me trouve face au vide, face à une douleur aussi sourde qu'intense...je ne peux plus crier ma douleur à travers mon corps qui reprend forme qui revient dans la norme...je n'ai plus aucune légitimité anorexique, je ne peux plus utiliser ma maladie pour arriver à mes fins...et pourtant cette saleté de maladie continue à me faire souffrir, me fait souffrir plus que jamais plus elle s'éloigne et plus elle me fait souffrir...à croire que je suis folle, tout semble si irrationnel si paradoxal...c'était tellement moins douloureux d'être anorexique que d'apprendre à vivre...et pourtant, j'ai fait ce choix car au fond de moi je sais que je suis bien seule avec ma maladie, bien seule à me contempler, bien seule à trouver un sens, bien seule à me trouver glorieuse le ventre vide...et je me prends un immense clque en me souvenant de toutes ces années perdues en quête d'une identité bien vaine...j'ai cru donner un sens à ma vie, j'ai cru que devenir anorexique ferait de moi une personne humaine...

aujourd'hui quand je repense à tout ce que j'ai pu faire, à tout ce que j'ai pu dire, à tous mes mensonges, à toutes mes attitudes, à toutes mes manigances, à toutes mes manipulations, je me sens bien seule, bien méprisable...comment ai-je pu faire, comment ai-je pu y croire, je ne savais pas ce que c'était qu'être anorexique, aujourd'hui je ne sais que trop...j'aurais tant voulu que ce soit différent, j'aurais tant voulu savoir et avoir pleine conscience de ce que cetta maladie allait faire de moi...alors on peut toujours me dire que je ne pouvais pas savoir, que c'est la maladie qui a fait que...non ça je ne veux plus l'entendre, je ne peux plus l'entendre...la maladie est peut-être bien la cause de beaucoup de mes comportements mais la maladie n'est pas une excuse, la maladie ne m'excuse plus si un jour elle m'a excusée...l'anorexie n'a jamais humanisé personne, l'anorexie ne fait que déshumaniser un peu plus chaque jour qui passe...je ne me sais pas à l'abri, je ne me sens pas à l'abri, j'aimerais tellement en parler au passé mais je ne sais que trop qu'elle m'attend à chaque détour, qu'elle est prête ici ou là à revenir au galop et m'emporter dans une nouvelle spirale infernale...je sais que je ne guérirai sans doute jamais de cette faille en moi, je sais quela maladie restera toujours trop présente, je sais que l'anorexie sera toujours de trop dans ma vie...mais je sais aussi que la seule façon de la combattre, c'est de la mérpiser, de faire meiux qu'elle, de mettre de plus en plus de pas et de repas entre elle et moi...je sais aujourd'hui que si j'ai cru en elle, c'est faute d'avoir cru en moi...je sais qu'aujourd'hui je dois croire en moi pour ne plus croire en elle...je ne pouvais sans doute pas savoir ce qu'elle ferait de moi...aujourd'hui je sais ce qu'elle fera de moi si je n'y mets pas de limite...alors je n'ai plus aucune excuse...je dois m'en sortir, je dois trouver une autre raison de vivre, je dois accepter ce corps qui reprend vie, je dois sortir de l'anorexie pour entrer enfin dans la vie et si je sais que la cicatrice anorexique ne se refermera jamais enitérement, je n'ai d'autre choix que la recouvrir de vie, de peau...je n'ai d'autre choix que de faire corps avec ce corps, de le faire mien...l'anorexie est piége bien illusoire dans lequel je me suis laissée prendre bien malgré moi...je sais que je ne dois pas en avoir honte, je ne pouvais pas savoir...mais voilà tout a une fin, l'anorexie a trop vécu en moi, l'anorexie m'a trop usée, de faux espoir en déroute, l'anorexie est une lente déchéance, une lente descente aux enfers...
je me suis laissée convaincre que l'anorexie était une fin en soi...je ne savais pas que l'anorexie était une fin de soi, une faim de soi, une soif de soi...
aujourd'hui je le sais, aujourd'hui je tente de m'en convaincre, aujourd'hui je ne veux plus laisser personne me convaincre du contraire, aujourd'hui je veux m'en sortir...je ne sais pas si je guérirai un jour même si j'aimerais tant le promettre mais je sais que je fais de mon mieux pour m'en sortir et ça rien ni personne ne pourra me l'enlever même pas elle, même pas elle,même pas elles, même pas lui, même pas eux, même pas moi...même pas moi...c'était mon dernier doute, alors non rien ni personne ne m'enlévera ma détermination, à tout donner, à tout faire pour sortir de cet enfer à toujours y croire même quand je n'y crois plus, même quand tout m'attire, tout me résoud à faire marche arriére...je ne peux plus qu'avancer, je ne veux plus qu'avancer et même si je sais que je chuterai encore et toujours je me reléverai sans honte, sans baisser les yeux parce que je sais que c'est à ce prix que je gagnerai ma crédibilité, que je gagnerai mon humanité, mon identité...
...l'anorexie ne passera plus par moi
...à coups de poing, je la renverrai d'où elle vient, de nulle part...l'anorexie peut aller se rhabiller, je ne la laisserai plus prendre visage à travers moi, je veux pouvoir regarder sans honte celles qui ne veulent ou ne peuvent pas s'en sortir, je ne veux plus qu'elles me fassent douter, elles peuvent aussi aller se rhabiller et rester à se contempler dans leur anorexie solitaire...
laissez-moi vivre...
dans mon monde,l'anorexie n'a plus de place même si dans ma tête, il en reste quelques résidus...ne venez pas alimenter votre angoisse anorexique, ne venez plus polluer mon esprit d'idées, de pensées anorexiques, il en a bien trop entendu, il en a bien trop vu...
l'anorexie n'est pas une vie, l'anorexie tue...
ne la laissons plus vivre...
aujourd'hui, l'anorexie c'est dépassé,
la mode est à la vie...
j'anorexise, j'exorcise l'anorexie...
elle ne l'emportera pas cette ultime victoire...ce sera la mienne...
non décidément, elle n'est plus moi...je ne suis plus elle ni jamais je l'ai été...





