17 décembre 2008
la der des der…
demain, une nouvelle fois je repars, une nouvelle fois pleine d’espoir…j’ai du mal à accepter l’idée de retourner là-bas, j’étais vraiment certaine que l’avant dernière fois serait la dernière…mais voilà, la route est encore longue vers la guérison mais c’est une question vitale…je veux guérir pour celles et ceux qui m’aiment et que j’aime, pour celles et ceux qui m’aident, pour celles et ceux qui auront besoin d’aide, pour prouver à mes détracteurs les plus fidèles qu’ils avaient tort, et n’ont plus aucun pouvoir sur moi, pour…, pour…, et aussi pour celle que je suis en train de devenir…je ne veux plus être un poids pour les miens ce qui passe par un poids minimum à atteindre, je sais que ça va être dur, je sais qu’il va y avoir des larmes, je sais que le parcours sera semé d’embûches, mais voilà un jour ou l’autre, il faut que j’ose…que j’ose prendre ce risque pleinement : lâcher prise, faire confiance aveugle en l’équipe soignante mais aussi me faire confiance, oser dire, oser demander, oser perdre ma place de malade pour prendre une place…ma véritable place…oser prendre le risque de toute une vie pour enfin vivre ma vie avec et pour les autres et non plus à côté et à travers les autres…mais j’ai peur tellement peur…la maladie-pour ne citer qu’elle- a cassé tellement de choses en moi…retrouverais-je le désir, trouverais-je mon désir ?….les projets se bousculent dans mon esprit sans jamais prendre forme concrète, il y en a pourtant deux qui me tiennent à cœur plus que tout autre pour le moment et je me dois de me donner les moyens de les aboutir…c’est une promesse entre moi et…moi…ça, ça n’appartient qu’à moi et je ne laisserai pas la maladie les détruire…j’emporte avec moi un message que je n’ai encore pas réussi à lire…ce sera mon cadeau de noël…en message auquel je m’accrocherai pour trouver la force nécessaire à poursuivre le chemin…car si j’en ignore le contenu, je sais que ce message est rempli de lueurs d’espoir…
14 décembre 2008
ma sœur...
je surmonte la pudeur qui m’envahit et prends mon courage à deux mains pour répondre à ton commentaire…bien que j’avoue depuis que je l’ai aperçu hier soir, je n'ai pas réussi à le lire, juste que quelques mots, à peine quelques phrases…je ne sais pourquoi je n’y parviens…ou plutôt je ne veux pas reconnaître le pourquoi…j’ai du mal à accepter l’immense joie que tu as su susciter en moi à la lecture de ces premiers mots : ma petite sœur chérie…depuis hier soir ces mots résonnent dans mon esprit…j’aurais aimé pouvoir te le dire en face mais je ne sais pas si j’en aurai le courage le moment venu car je ne sais pourquoi l’écran e donne le sentiment de me protéger d’un je-ne-sais-quoi, sans doute d’une trop vive émotion…alors je préfère te l’écrire ici sans fausse pudeur…je ne sais pas si tu te prends compte de l’impact, de la valeur qu’ont eu ces mots sur moi et pour moi…moi qui suis en quête permanente depuis tant d’années de mon identité, tu viens de m’en donner une partie, en me nommant petite sœur…bien sûr ça peut paraître démesuré pour de nombreuses personnes mais je pense que celles qui me connaissent bien, mr rigaud et héléne, notamment comprendront ce que je veux dire par-là…j’aimerais tant d’ailleurs qu’un jour tu puisses les connaître, qu’ils puissent te connaître…eux mieux que quiconque savent le poids et l’impact que ces mots peuvent avoir en moi…je suis tellement fière que tu redeviennes, deviennes peut être même tout simplement ma grande sœur…et moi ta petite sœur…j’espère que tu excuseras ma maladresse, mon humilité face à ton message que je ne désespère pas pouvoir lire au plus vite…tu me trouveras sans doute comme souvent bien trop compliquée mais tu sais comme on univers est peuplé de petits démons qui me titillent…mais je t’assure que je n’en suis pas pour autant moins sincère…en attendant d’avoir la force, de pouvoir te le dire, je peux déjà te l’écrire : je t’aime ma sœur de tout mon cœur et tu comptes bien plus que tu ne t’en doutes pour moi…même si je n’ai pas toujours su ou pu te le dire…peu importe ce les autres pourront en dire ou penser…sache que tu e donnes également une immense raison de continuer la lutte…
13 décembre 2008
Marion, Elisa, Maryline,...
à vous toutes, je souhaite beaucoup de courage…je sais que vous vous accrochez, faites confiance aux personnes de confiance…battez-vous pour eux, battez-vous pour vous…on va la vaincre cette p…de maladie…c’est pas ça la vie…
12 décembre 2008
Petits messages perso...
Lucie : oui je pense que de nombreux points communs nous relient et ce sera avec beaucoup de plaisir si on peut se revoir quand je serai de retour à dijon…je te tiens au courant…et merci d’être toujours là, malgré mes silences…
Marie-Aurore : oui c’est une chance d’avoir pu trouver enfin ma sœur…mais c’est aussi une chance immense de t’avoir comme amie, tu te rends compte ça fait déjà deux ans qu’on se connaît…ou plutôt seulement 2 ans mais tant de choses nous unissent, je crois fort en cette amitié, ce n’est pas rare de se lier dans de telles circonstances : celles de la maladie en quelque sorte mais c’est très rare que cette amitié tienne la distance…merci d’être toujours là, merci de m’avoir donné ton amitié…t’es génnnnnnnnnialeeeeeeeee mais tu es la seule à ne pas le savoir !!
Annabelle : non, non, j ne peux pas te laisser dire ça, et je ne veux pas ! je crois que nous avons connu toutes deux des périodes très difficiles chacune de notre côté, et nous nous sommes tues chacune de notre côté pour préserver l’autre…je suis sincèrement heureuse de pouvoir te retrouver…ça fait trop longtemps qu’on se connaît pour que notre amitié soit superficielle, tu ne crois pas ?!
Alice : merci pour tes mots toujours apaisants… et d’être toi aussi toujours là…ça fait maintenant plus d’un an qu’on se connaît, compagnes d’infortune du fait de cette s…de maladie…dans quelques jours, je retourne sur les lieux de notre rencontre, c’est sûr je te chercherai, c’est sûr je ne t’y trouverai pas, c’est sûr, je serai déçue de ne pas t’y trouver, mais c’est sûr que je serai tellement heureuse pour toi de ne pas t’y trouver…prends bien soin de toi, continue le combat comme tu le fais si brillamment malgré les bas, l’envie de parfois baisser les bras…tu es pleine de ressources et qualités…j’ai beaucoup appris à tes côtés…promis j’essaierai de t’appeler…mais toi, aussi n’hésite pas à m’appeler si besoin ou envie, je serai toujours là pour toi…
11 décembre 2008
2 ans déjà...
c’est une date un peu particulière aujourd’hui…celle d’une rencontre tout aussi particulière…une rencontre qui bouleverse une vie mais il y a deux ans je ne le savais encore pas…je savais que cette fois, je savais que cette hospit ne serait pas comme les x autres…mais je ne pensais pas à ce point-là…il y 2 ans, je débarquais comme un zombie dans une ville inconnue, j’allais rencontrer un médecin réputé dans le domaine des troubles alimentaires…je ne savais rien de lui, je ne l’avais jamais vu…mais je ne sais pas pourquoi je savais qu’avec ce médecin, ce ne serait pas comme avec les autres, j’avais parcouru un peu un de ses livres avant de le refermer prise de peur par ce qu’il y préconisait…mais bon peut être que je pourrais quand même l’entraîner dans mes mensonges malgré tout, et ce, même si je me souviens avoir répondu à un mail dans lequel il me demandait de l’aider à m’aider par cette réponse : si vous voulez m’aider ne me vous laissez pas prendre à mes mensonges…
Dans son livre il évoquait notamment le fait que guérir passait avant tout par accepter de retrouver un poids correct…moi qui en étais restée à mon seul leitmotiv : quand ma tête ira mieux, le reste suivra…ça commençait mal même si sa femme m’avait affirmé au téléphone qu’il n’obligeait à rien : la nutrition entérale s’envisageait au cas par cas, avec mr rigaud on peut toujours discuter…je partais donc pleine d’espoirs mais aussi d’appréhension…quand je suis arrivée au chu, je cherchais partout qui pouvait bien être ce médecin…et puis quand il est entré dans la chambre suivi de sa femme, le zombie que j’étais a vite compris que non décidément avec lui ce ne serait pas comme avec les autres : il ne croira pas mes beaux mensonges…première réaction : fuir…mais il a très vite réussi à me mettre à l’aise, à gagner ma confiance…ça allait être dur, il n’était pas sûr que je pourrais guérir mais qu’il était prêt à relever le défi et m’aider…quelques jours après l’hospit, il arrive en me disant : ça y est j’ai tout compris…ah et vous pouvez me dire ce que vous avez compris ?…non pas maintenant, je te le dirai en janvier le 26, tiens…ah, quelle date…mais toi comment vois-tu ton histoire ?je me lance alors dans mon explication…il semble ne pas m’écouter et m’interrompt soudainement avec un mais m…il aurait pas pu te livrer avec un cerveau…c’est bien la peine d’avoir fait 5ans d’études, et de psycho en plus pour en arriver là…j’y crois pas à tes histoires…tu n’as vraiment rien compris…mais qu’y a-t-il donc à comprendre ?…il m’a fallu du temps prés de 2 ans pour comprendre ce qu’il y avait à comprendre, je nageais en pleine confusion…2 années durant lesquelles je crois que Mr rigaud a manqué plus d’une fois de lâcher l’affaire tant je refusais obstinément à voir les choses en face…2 ans d’espoir, de désespoir, de pleurs, de rire, de larmes, de peurs, de doutes, d’espoirs, de renoncement, de reprise de confiance, de chutes, de relevées, d’angoisses, de douleur, d’espoirs, d’illusions déchues, de déchirements, de retrouvailles, de réadaptations, de reprise de contact, de prise de distance, de belles rencontres, de belles histoires d’amitié même si peu ont tenu la distance, d’une belle histoire d’A…qui comme toutes finit mal…,2années d’aventures et mésaventures sur lesquelles je ne reviendrai pas…2ans…2ans pour en arriver là où j’en suis aujourd’hui : en plein chantier, avec des briques, du ciment, de l’eau, des tuiles, du bois…pour au final construire la maison : ma maison : mon identité, m’approprier ce corps, cet esprit, ce passé, cette histoire, cette vie,…autant de petits bouts de ce moi, de moi, de celle que je suis en train de devenir…de cette jeune femme dont j’ose enfin croiser un peu le regard dans le miroir sans plus avoir a baisser les yeux…2ans d’acharnement de la part de mon médecin et sa femme pour m’aider à comprendre mon histoire, son impact, pour m’aider à y croire, à garder espoir, à saisir les tenants et aboutissements de cette maladie…2ans pour enfin y croire, enfin vouloir, enfin me donner les moyens, enfin trouver les ressources-resource, enfin pouvoir….enfin y croire, avoir l’espoir qu’un jour, je m’en sortirai…la route est encore longue, le travail ne fait que commencer, la construction n’en est qu’aux premières ébauche, 2ans pour me donner enfin le droit de naître, de vivre, de quitter cette place pour prendre la mienne…oui la route est encore longue mais dans ma tête un mot résonne : espoir, une phrase prend sens : la vie est un miracle…mr rigaud, héléne, vous seuls connaissez le prix de ces 2années…je ne sais comment vous témoigner ma reconnaissance, les mots ne suffisent à seuls pour tout dire…et puis quoiqu’il en soit, on ne parle bien qu’avec le cœur, on ne parle bien qu’en agissant, on ne peut vivre qu’en guérissant …cet espoir c’est le vôtre, celui que vous avez su me transmettre et transmettre à tant de personnes malades…je n’écris pas ici pour flatter votre ego, mais simplement avec mon cœur-qui sans vous se serait arrêté…un lien plus solide que les épreuves du temps et de la vie s’est tissé, je vous promets qu’il tiendra envers et par-dessus tout et surtout envers et par-dessus la guérison car grâce à vous 2 qui m’avez donné une identité et une existence, une humanité,(…), j’ose enfin y croire…
10 décembre 2008
...
pas facile de vivre et pourtant je ne fais que survivre depuis tant d'années...il faut que j'y parvienne,que j'arrête de me détruire pour ne détruire que la maladie...et dire que demain ça fera 2 ans que j'ai vraiment commencé la lutte...que de souvenirs...et toute une vie à construire...
07 décembre 2008
elle est enfin là:j'ai trouvé une soeur, ma soeur...
...et j'existe pour elle...
dans cette famille où le mot communication semble inconnu, dans ma famille…et pourtant, hier, le dialogue s’est enfin ouvert et j’ai trouvé face à moi une sœur, ma sœur…cette sœur à qui ma mère a répété qu’elle était mon père, cette sœur dont ma mère me répétait que j’étais né pour elle : j’ai fait un petit frère à ta sœur…cette mère qui a voulu évincé mon père, a également réussi à nous éloigner ma sœur et moi…combien de fois m’a-t-elle répété : ta sœur et comme ton père, toi tu es comme moi, on peut pas s’entendre avec eux…et moi qui acquiesçait, ne sachant que dire, que penser, terrorisée à l’idée de perdre ma mère…mais qu’aurait-il pu m’arriver de pire que de maintenir cette relation avec ma mère ? hier ma sœur qui m’a toujours paru si lointaine, si distante, si inaccessible, cette sœur à qui je croyais faire peur, cette sœur dont j’ai souvent pensé ne pas être aimée, cette sœur que je croyais ne jamais pouvoir avoir…cette sœur hier est devenue ma sœur…pardonne-moi pour tout le mal que j’ai pu faire, dire…pardonne d’avoir prétendu que tu n’en avais rien à faire de moi, que tu ne pensais jamais à moi, que tu ne m’aimais, que tu me considérais comme une étrangère, que tu m’avais abandonnée quand tu es partie de la maison, me laissant seule avec eux deux, notre père et notre mère…pardonne-moi pour toutes ces choses que j’ai honte d’avoir dites pour me trouver des prétextes, des raisons à cette maladie, toutes choses que j’ai honte d’avoir dites pour faire plaisir à notre mère…tu me dis que j’étais sous son pouvoir et que je n’y pouvais rien, que je n’ai pas à m’excuser mais je suis désolée mon attitude envers toi est scandaleuse, j’en ai honte et j’espère qu’un jour j’en serai pardonnée…toi, tu me demandes des excuses pour certaines choses que j’ai complètement oubliées, non je ne souviens pas de tout ce que tu m’as dit hier…je me souviens juste qu’enfant, j’avais une admiration sans borne pour toi, ce qui t’énervait toujours, je faisais tout comme toi, et ça t’agaçait au plus haut point…et puis il y a eu ce jour où tu dis avoir fui la maison, ce jour où j’ai cru que tu m’abandonnais aux griffes des parents qui se déchiraient…seule entre eux deux…mais je sais que tu las fait pour te préserver et c’est toi qui as eu raison, je ne t’en veux plus, au contraire, je comprends tout à fait que tu ais fui, cet instinct de survie que je n’ai pas eu…tu as eu raison de partir, j’ai eu tort de penser que tu m’abandonnais et me laissais la responsabilité de rendre heureuse notre mère…je crois qu’hier nous nous sommes rendues compte que si elle avait détruit l’image de notre père et parasité notre relation à lui, elle a aussi insidieusement nui à notre relation…non tu n’es pas mon père, mon père je le retrouve ces derniers temps en même temps que je prends de la distance avec notre mère…et oui tu es bien ma sœur, ma sœur que j’aime même si je ne sais pas le dire, car dans notre famille on ne dit pas ces choses-là…comme je te l’ai dit hier, tu m’as fait le plus beau cadeau du monde : ta confiance en me désignant marraine de ce petit ange…ce petit ange, ton fils, qui me maintient à la vie par un fil, un lien indestructible…c’est toujours à lui que j’ai pensé dans les moments les plus difficiles, je n’avais pas le droit de le rendre malheureux…c’est grâce à lui et donc à toi que je suis toujours là…et même si c’est difficile en ce moment je vais me battre…pour honorer ta confiance, toi foi en moi et ma capacité à me sortir de cette P… de maladie…on l’aura notre revanche sur elle, elle n’aura pas réussi à nous séparer…au contraire, nous voilà réunies…maintenant le dernier cadeau que tu puisses me faire, c’est de prendre tout le meilleur de cette vie et être heureuse avec ceux que tu aimes…c’est le meilleur moyen de m’aider en me montrant le modèle…en étant toi-même heureuse…et je te promets de mon côté de tout mettre en œuvre pour ne plus être cette ombre au tableau de ton bonheur…je te promets…merci d’être là, merci de m’avoir ouvert ton cœur, merci de d’être ouverte à moi, merci d’être redevenue ma sœur…merci…






